La psychomotricité

Qu’est-ce que la psychomotricité?

  • Un peu d’histoire :

La psychomotricité en tant que discipline naît en France avec Julian de Ajuriaguerra, père fondateur de l’école française de psychomotricité. Neurologue, histologiste, psychiatre, psychanalyste, il produit une synthèse de ces univers de la médecine dans son ouvrage « Manuel de psychiatrie de l’enfant » . Il s’entoure ensuite de neurologues et de psychanalystes pour fonder dès 1950, une psychomotricité moderne.

Au début des années 1960, est donc posée la définition des troubles psychomoteurs et leur évaluation à l’aide d’un bilan psychomoteur.

La psychomotricité commence à être enseignée à l’hôpital de la Salpêtrière et le dispositif est agréé par l’Etat en 1963, délivrant un Certificat de Rééducation Psychomotrice, diplôme de l’enseignement supérieur.

En 1974, l’Académie de médecine donne son aval à la création d’une nouvelle profession de santé : la Psychorééducation. C’est également à cette date qu’est publié le diplôme d’Etat de Psychorééducateur. Un peu plus tard, le terme de « Psychorééducateur » sera remplacé par le terme « Psychomotricien »

En France, depuis la fin des années 70, la psychomotricité bénéficie d’une reconnaissance officielle (Diplôme d’Etat) et professionnelle dans les domaines médicaux et paramédicaux.

  • La psychomotricité aujourd’hui :

Actuellement, la psychomotricité est de plus en plus présente au sein des équipes paramédicales pluridisciplinaires. Elle est connue et reconnue par les autres professionnels de santé pour son approche centrée sur l’unicité psycho-corporelle de la personne, la détection des troubles psychomoteurs grâce à la passation de bilans, et à ses outils thérapeutiques adaptés à chaque patient.

La psychomotricité est une profession de prévention, de thérapie et de rééducation. Le psychomotricien s’adapte à l’âge du sujet, ce qui lui permet de travailler autant avec un nouveau-né qu’avec une personne âgée. Selon les difficultés rencontrées par l’individu, il mettra en place un profil psychomoteur du patient pour ensuite établir avec lui, un projet psychomoteur. L’observation fine de la personne ainsi que la passation d’items du bilan psychomoteur, l’aidera alors à mettre en place le suivi en psychomotricité.

  • La psychomotricité : une discipline originale

L’objectif d’un suivi en psychomotricité n’est pas de pointer ce qui fait défaut chez un sujet ou ses difficultés, mais de l’aider à retrouver son équilibre psychomoteur.

Chaque sujet en tant qu’être unique, est au centre de son propre développement. La réponse psychomotrice devient donc tout aussi unique. Elle répond de façon spécifique à chaque patient, par l’intermédiaire de médiateurs adaptés à chaque demande.

Chaque individu est un être de langage et de corps. Ce dernier reste tout au long de la vie un support aux mouvements, aux gestes, aux expériences d’équilibre et de déséquilibre. Il s’exprime aux travers des postures et des attitudes qui peuvent intéresser l’ensemble du corps ou juste un segment corporel. Il traduit les états émotionnels, l’anxiété et le mal être de la personne, au travers des émotions, des mimiques et du tonus musculaire.

C’est par le corps et au travers de celui-ci, que l’individu communique son état mental. C’est par lui qu’il entre en contact avec son environnement et communique.

Le psychomotricien accorde donc une place privilégiée au langage du corps mais le travail des sphères cognitives (langage oral, mémoire, concentration, attention, etc), n’en est pas oublié pour autant.

La psychomotricité tend ainsi à renforcer l’unité psycho-corporelle du sujet en stimulant ses capacités psychomotrices.